Di Luca, c'est sérieux
A une semaine de la fin du Tour d'Italie, Danilo Di Luca s'inscrit comme un candidat très crédible à la victoire finale. Maillot Rose indiscutable, le leader de Liquigas n'a encore montré aucun signe de faiblesse.
Par Florian Egly
Pendant que les vieux démons rejaillissent à la surface à l'extérieur, un vent protecteur balaye pour l'instant le Tour d'Italie. Pas d'affaires, pas de traque, pas de contrôles positifs. Il est évidemment beaucoup trot tôt pour dire que le cyclisme a retrouvé le droit chemin mais il est agréable de voir les visages grimacer dans les cols, d'entendre les coureurs dire qu'ils sont fatigués à l'arrivée, comme de constater que le peloton est capable de saboter une étape (la 11ème) placée en plein milieu d'un programme dantesque. Côté sportif, il y a également du nouveau.
Une préparation plus adéquate
Depuis qu'il a décidé de jouer le général sur le Tour d'Italie, Danilo Di Luca n'a jamais été aussi proche du but. 4e un peu par hasard il y a deux ans aux lendemains d'une superbe campagne ardennaise (Amstel Gold Race, Flèche Wallonne), il était passé complètement au travers la saison dernière (23e à une heure d'Ivan Basso) alors qu'il avait justement axé toute sa préparation sur ce rendez-vous. La troisième sera-t-elle la bonne ? Il faut croire que l'ancien vainqueur du classement Pro Tour a retenu la leçon. Sa discrétion au profit d'un entraînement renforcé en 2006 lui avait semble-t-il fait perdre le rythme de la course. Cette année, Di Luca est donc revenu à sa première spécialité, les classiques, avec l'idée de surfer sur son état de forme pour arriver au Tour d'Italie en pleine possession de ses moyens. Jusqu'à présent, la recette fonctionne à merveille. Dans la foulée de sa victoire à Liège-Bastogne-Liège, il avait d'abord frappé les esprits collectivement, avec le contre-la-montre par équipes remporté par Liquigas en Sardaigne, puis il a personnellement imprimé sa griffe sur ce Giro.
Liquigas n'est plus aussi forte
Là où le scepticisme planait sur sa capacité à enchaîner les difficultés en haute montagne, il a répondu de la plus belle des manières, décrochant deux victoires d'étape. «J'ai démontré que j'étais le plus fort dans les montées. On disait que les pentes les plus dures ne me convenaient pas. Je pense exactement le contraire, à cause de mon démarrage et de mon rythme de pédalage», expliquait-il au soir de la 15e étape, après une nouvelle démonstration dans la mythique montée des Trois Cimes de Lavaredo. Ses adversaires n'ont pourtant pas manqué d'imagination, à l'image de Gilberto Simoni et Eddy Mazzoleni, qui ont eu le cran d'attaquer le Maillot Rose à des lieues de l'arrivée. Di Luca a, à chaque fois, réussi à contrôler même si l'absence de coéquipiers à ses côtés commence tout doucement à l'agacer.
L'épreuve du Monte Zoncolan
Il lui reste encore six jours à tenir avant l'arrivée à Milan. En fait, il y aura surtout deux rendez-vous décisifs : le premier, ce sera mercredi avec la terrible arrivée vers le Monte Zoncolan, un col de 10 kilomètres qui comporte des passages à 22 % et six bornes consécutives à 15 % de moyenne. Le genre de pente propre à créer des écarts importants et renverser une hiérarchie. Le deuxième, c'est le contre-la-montre tout plat de 43 kilomètres qui sera disputé la veille de l'arrivée. «Les écarts ne sont pas très importants. Dans le contre-la-montre, Mazzoleni est dangereux. Si j'ai l'occasion d'attaquer, je le ferai», assure Di Luca qui possède un peu moins de deux minutes de marge sur le coureur d'Astana, prétendant au podium à condition qu'il survive au Monte Zoncolan. Derrière, les Simoni, Cunego, Schleck et Ricco n'ont certainement pas dit leur dernier mot. Mais les cartes sont bel et bien dans les mains de Di Luca.
Classement général après 15 étapes :
1. Di Luca (Ita, Liquigas)
2. Mazzoleni (Ita, Astana) à 1'51''
3. Schleck (Lux, CSC) à 2'56''
4. Simoni (Ita, Saunier Duval) à 3'19''
5. Cunego (Ita, Lampre) à 3'23''
6. Ricco (Ita, Saunier Duval) à 3'39''
7. Arroyo (Esp, Caisse d'Epargne) à 6'05''
8. Sella (Ita, Panaria) à 7'02''
9. Petrov (Rus, Tinkoff) à 7'29''
10. Bruseghin (Ita, Lampre) à 9'29''
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25. Dupont (Fra, AG2R) à 36'02''
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